Je suis une légende (2007)
divulgué le 21 décembre 2007 par Kinopoivre
En 2009, des scientifiques ont modifié génétiquement le « virus du cancer » (sic) pour le rendre inoffensif, et c’est Emma Thompson qui vient l’annoncer à la télé (le rôle le plus court de sa carrière, trente secondes). Patatras ! Trois ans plus tard, José Bové peut ricaner dans sa barbe, cet OGM est devenu fou et a décimé les habitants de New York, qui se mettent à mourir, puis à revivre pour bouffer leurs concitoyens encore en vie, comme dans La nuit des morts-vivants. Si bien que le président des États-Unis déclare la ville zone interdite. Pourquoi seulement New York, il serait inconvenant de poser la question, donc ne me demandez pas. Bref, dans la Grosse Pomme, et vu le processus décrit plus haut, en un rien de temps toute la population est morte. Toute ? Non ! Seul à résister encore et toujours au virus envahisseur, un homme, Robert Neville, savant biologiste, a échappé à la contagion, en compagnie de sa chienne Samantha, et cherche dans son laboratoire personnel un remède à l’épidémie. Le personnage est interprété par Will Smith, qui, nul n’osera dire le contraire, possède toute la crédibilité nécessaire pour incarner un scientifique, un peu comme Christine Boutin pour être meneuse de revue aux Folies-Bergère. Certes, il n’a pas de problèmes de ravitaillement, et il peut « louer » tous les DVD qu’il veut, les magasins dans leur ensemble lui sont ouverts ; il n’a même pas besoin de demander une autorisation pour faire ses courses le dimanche. Si je voulais pinailler, je te demanderais bien comment l’électricité peut fonctionner encore dans une ville où tout le monde est mort, mais ne chipotons pas.
Tu te souviens ? Les morts en question sont des vampires (dans le livre de Richard Matheson, c’était ça, c’était même l’objet du livre), donc ils sont vivants, quoique la nuit seulement. Et ils prennent en chasse notre scientifique, histoire de l’inviter à dîner – mais c’est lui qui serait au menu. Naturellement, Bob se défend, ce qui nous permet de constater qu’il manie la grenade et la mitrailleuse encore mieux que le microscope, et cesse donc de t’étonner que les facs de biologie aient pu lui dispenser également cet enseignement, je te rappelle que nous sommes aux États-Unis.
Peu avant la fin, et histoire de contrebalancer la mort de sa chienne, il découvre qu’une femme, Anna, qui n’est pas une morte-vivante, a survécu en compagnie de son petit garçon, Ethan. Autre bonne nouvelle, une morte-vivante à l’agonie (ne cherche pas à comprendre), qu’il a capturée au début du récit et conservée dans la glace, est en passe de guérison. Bientôt, les examens le prouvent, il a trouvé l’antidote à la maladie, et le sang de la morte-vivante revenue à la vie (ça va, tu suis ?) va servir de vaccin. Il prélève rapido le précieux liquide et le confie à sa camarade Anna, qui n’a donc été introduite dans l’histoire que pour ça, et qui parvient à fuir, regagnant la civilisation toute proche, laquelle sera donc sauvée, mais pas par Bruce Willis cette fois, ce qui est une entorse aux règles hollywoodiennes. Et, débarrassé de ce souci lancinant, il est attaqué à ce moment précis par une armée de vampires qui ont réussi à pénétrer chez lui. Il se résout alors à se suicider tout en tuant ses agresseurs (déjà morts, hein, tu n’as pas oublié ?) comme dans Le village des damnés, en faisant exploser une grenade qui ratiboise tout le quartier, et lui-même par conséquent.
Je me permettrai tout au plus de faire remarquer, détail technique ayant échappé à l’accessoiriste du film, qu’il s’agissait d’une grenade dite « offensive », engin connu, comme son nom l’indique, pour être inoffensif – au contraire de la grenade dite « défensive » –, et bien incapable de produire l’effet dévastateur vu à l’écran. À la place de Bob, j’aurais attendu tranquillement le lever du jour en feuilletant les pages d’Allociné, puis j’aurais quitté les lieux. Mais tout le monde n’est pas héroïque.
Choisis ton arme et flingue la fin du film
 
 
 
 
 
 
 


21 décembre 2007 à 6:25
ca me rappelle furieusement le film que j’ai vu sur sfi “le survivant” avec Charlton Heston
à part qu’il n’avait pas de chiens
21 décembre 2007 à 11:40
“En 2009, des scientifiques ont modifié génétiquement le « virus du cancer »” > en VO, on nous parle plutôt de celui de la rougeole, rendu inoffensif et qui parvient à soigner le cancer.
“comment l’électricité peut fonctionner encore dans une ville où tout le monde est mort” > vite fait au début, on montre les générateurs qui fonctionnent à l’essence et qui fournit le courant à la maison de bob.
sinon c’est joliment résumé.
on peut aussi faire un rapprochement avec 28 jours plus tard, par rapport au virus. mais bon, on a droit qu’à une scène de film d’horreur..
et puis pourquoi les mutants s’attaquent aux hommes et les tuent ? pourquoi ils vivent pas tranquillement la nuit ? pourquoi un dvd de shrek le 1er et pas le 2ème ? voire le 3ème ! pourquoi un ipod classic et pas un touch ?
22 décembre 2007 à 9:17
Réponse à Gerardnimes :
Comme indiqué, ce film est la troisième adaptation du roman. Le survivant, avec Charlton Heston, est en effet l’une des trois.
La première datait de 1964, c’était un film italien, mais avec un acteur étatsunien célèbre pour ses films d’horreur, Vincent Price. La deuxième, celle avec Heston, date de 1971. Et la dernière est celle qui vient de sortir.
Réponse à Riri :
Emma Thompson parle en effet de rougeole (ce qui serait délirant, soigner le cancer en traitant le virus de la rougeole). En revanche, le dialogue en VO lui fait bien dire en conclusion : « Oui, nous avons vaincu le cancer ». Ce que je voulais faire remarquer, c’est qu’il n’existe pas de « virus du cancer », et c’est pour ça que j’avais placé l’expression entre guillemets. Et même, qu’il n’existe pas UN cancer, mais une kyrielle de cancerS !
La comparaison avec 28 jours plus tard est justifiée, c’est bien le même sujet, dès lors que la dernière version de Je suis une légende abandonne la théorie sur l’origine du vampirisme, qui était le défi que Richard Matheson se lançait à lui-même : décortiquer le mythe de Dracula.
Pourquoi les vampires tuent les hommes ? Pour les manger ! « Faut bien qu’les gens bouffent », comme chantaient les Frères Jacques.
Le générateur d’électricité, j’ai dû le rater. Il faut dire que j’ai un peu dormi !
25 décembre 2007 à 7:26
coucou, toi, auteur rigolo de ce résumé décapant! et d’une c’est super agréable lire, et de deux, c’était très instructif! merci beaucoup! bonne continuation!
29 décembre 2007 à 9:34
Oui-oui, je décape. Dans mon immeuble, on m’appelle Jet-Four.
Merci pour tes éloges. En général, on m’insulte plutôt.
29 décembre 2007 à 10:05
Excellent résumé. je trouve que ça aurait été mieux avec Bruce Willis, comme tu sembles le suggérer. Il sauve mieux le monde.
17 janvier 2008 à 7:06
Cool, les résumés. Ca m’arrange, j’ai du mal à rester assis plus d’une heure.
Donc mater un film m’est rapidement insupportable.
J’ai quand même regardé celui, ma meuf m’a trainé comme d’hab, en plus il pleuvait et il faisait très froid.
J’ai bien apprécié ce film, je n’ai pas poussé mes réflexions aussi loin que vous. Je ne me suis posé aucune question.
J’avoue que quand je vais voir ce genre de films c’est uniquement pour me divertir, me vider ma tête comme on dit.
Arrêter de chipoter, les américains sont les maîtres de l’”entertainment”.
A++
19 janvier 2008 à 10:14
Tu as du mal à rester assis plus d’une heure ? Rassure-toi, c’était aussi le cas d’Orson Welles, qui n’allait plus au cinoche pour cette raison. Il aurait donc boycotté la plupart des films d’aujourd’hui, qui ont à cœur de dépasser les deux heures et demie. Cela dit, les films, on peut en faire autre chose que les « mater ». Un film, ce n’est pas tout à fait la même chose qu’un bocal de poissons rouges.
En tout cas, je n’ai pas prétendu que les Yankees n’étaient pas les maîtres de quelque chose. À défaut de gagner les vraies guerres (aucune depuis 1945), ils gagnent celles qu’Hollywood filme.
Quant à la pratique consistant à ne se poser aucune question, on a le choix : ou on est auteur, ou on est lofteur.
14 mars 2008 à 11:43
Beaucoup d’incohérences
http://www.tvblabla.net/i-am-a-legend-une-autre-fin-du-film.php
La fin alternative est nettement meilleure; elle souffre cependant d’un manque: c’est trop peu fouillé.
A propos du film, d’un point de vue général:
- le mauvais point: absence de scènes décrivant la découverte et l’expérimentation sur les 10000 patients du fameux vaccin contre le cancer. On en ignore les effets à long terme (un médecin qui se respecte ne risquerait pas sa carrière sur un coup pareil).
- le bon point: l’image de fin de la forteresse-enclave minable du film original disparue - fort heureusement.
Conclusion?
Un approfondissement est à pourvoir dans le cadre de l’évolution des mutants: qu’advient-il d’eux? La porte est-elle ouverte pour une suite?
Un angle de vision est à adopter pour apprécier le film:
l’étude psychologique de l’évolution humaine face à une solitude extrême est sans aucun doute très bien réussie.
15 mars 2008 à 8:41
Merci. En effet, cette autre fin est très intéressante. Et en effet aussi, elle permet de fabriquer une suite. Mais là, danger, la plupart des suites sont ratées.
L’inconvénient du film, avec ou sans cette fin différente, est qu’il élude complètement ce qui tenait à cœur Matheson, l’auteur du livre : la théorie sur l’origine des vampires.
Sur l’origine du vaccin, je n’ai aucune opinion. Il faut bien partir de quelque chose, et ces points de départ sont rarement vraisemblables. Féru des films d’Hitchcock, je sais qu’il se fichait bien de la vraisemblance, et, pour certains types de films (pas tous), il avait raison.
20 mai 2008 à 11:00
On regarde ce film comme beaucoup d’autres parce que:
1-on sait comment ça va finir
2-on aura pas besoin de réfléchir
3-Willounet nous fera 2 ou 3 blagounettes bien pourries
4-ca permet de se tenir au courant de l’évolution des effets numériques
5-on finit par comprendre les mecs qui téléchargent sans scrupules des divx
6-ta femme vient de te larguer comme une bouse, tu es en pleine dépression et regarder will smith sauver le monde te donnes envie de redevenir viril.
20 mai 2008 à 3:10
5. Quoi, il y aurait des “mecs qui téléchargent sans scrupules” ! Au risque de faire de la peine à monsieur Olivennes ?
6. On peut vivre sans “redevenir viril”…
19 août 2008 à 11:17
Heureusement que ce site existe, je n’ai pas besoin de finir de regarder de film pour savoir ce qu’il se passe. J’ai vu le début, j’ai pas pu finir, trop peur (oui, je suis une fille qui n’aime pas les films d’horreur) mais je voulais connaître la fin…
Trop pratique !