Match Point (2005)

divulgué le 24 juin 2007 par Miss Tics

Match Point sur La fin du film Et à la fin il gagne

Match Point est un film cynique et sans morale dont la mission est de rappeler à chacun l’arbitraire de la vie: qu’ici bas, rien n’est juste ou injuste, tout est simplement affaire de chance. La fin de ce film va donc en ce sens et ne pouvait finir que bien pour le héros principal.

En fait de héros, Chris est plutôt un anti-héros: arriviste et opportuniste d’abord puisque, tennisman raté, il n’aspire qu’à monter dans la société en utilisant sans scrupules le tremplin de cette belle-famille riche qui le pousse à réussir. Dégoulinant de gentillesses ensuite avec Chloé, cette femme qui l’adore dès la première rencontre. Agressif et pulsionnel enfin avec Nola, cette roturière américaine hypersensuelle qui l’attire en dépit du bon sens au risque de détruire l’ascension sociale qu’il se prépare minutieusement.

Et pourtant, magie du cinéma oblige, on s’identifie à lui. On se demande ce que l’on ferait, nous aussi, si l’on se retrouvait dans sa situation, tiraillé entre une femme aimante et une bombe sexuelle, entre amour et luxure…

Mais Chris a moins de sagesse que nous, le seul moyen pour lui de préserver sa carrière, sa belle-famille, sa femme enfin enceinte, c’est de supprimer cette maîtresse devenue trop encombrante, trop envahissante, avant qu’elle ne détruise toute sa réussite sociale.

La mise à mort est finement pensée, déguisée en cambriolage de SDF drogué, rapidement expédiée. Le fusil rapidement remis en place, les bijoux volés histoire d’être crédible rapidement jetés à la Tamise. Le meurtre parfait. On, comprend qu’il ne sera jamais pris. A la fin du film donc, Chris peut vivre en paix avec sa femme, sa belle-famille et sa Mercédès.

Mais Match Point est autre chose qu’un simple film d’adultère et de meurtre impuni. C’est du Woody Allen. La fin façon Woody ne se résume pas à «et à la fin il gagne» mais bien à «et à la fin, il a de la chance». Quelle différence? C’est ce superbe moment où la bague volée ricoche sur le pont et ne tombe pas à l’eau… Ce moment où l’on croit qu’il est perdu. Ce passage fait en effet écho au début du film où l’on voyait une balle de tennis tomber du mauvais côté du filet. L’histoire de la vie de Chris avant: il n’a jamais été professionnel, faute de chance, la balle ne tombait jamais du bon côté, alors qu’il l’aurait mérité. Le contre-pied est pris avec cette bague, qui tombe du bon côté (elle sera ramassée par un SDF qui fera figure de coupable parfait) alors que ce coup-ci, il ne le méritait pas. La vie, donc, n’est ni affaire de justice ni affaire de mérite, elle n’est qu’affaire de chance.

Si tu veux philosopher sur le destin et le libre-arbitre de l’homme, tu peux laisser tomber Allocine et filer lire du Voltaire. Moi, en attendant, je vais à la case départ en touchant 20 000F et je tire une carte chance… Qui vivra verra.

Choisis ton arme et flingue la fin du film

3 réactions à “Match Point (2005)”

  1. Bo Nobo pense que:

    …la réalité dépasse la fiction : en moyenne, 60% des enquêtes policières se terminent de cette façon partout dans le monde…

  2. Kinopoivre pense que:

    Ce qui est important dans ce film : Chris est un assassin abominable, mais le spectateur a peur qu’il se fasse prendre par la police. Bref, le génie de Woody Allen est de nous inciter à nous identifier à un meurtrier. C’est très fort.

    Évidemment, le fait qu’il ait engagé un beau garçon pour jouer le rôle y est pour quelque chose !

    L’acteur a fini par jouer Henry VIII…

  3. OCB pense que:

    Un grand grand film hitcockien quand on n’en voyait plus.

    La force du film poru moi est essentiellement cette historie d’amour ( trois quart du film) prenante ( car il sont beaux et lmibres), déchirante et intenses ( car il y a ce petit quelque chose en dessous, cette lutte des classes modernes qui nous incite à nous lever) et en plus assez bien écrites ( et super bien joués). On est en plein dans l’historie d’amour subtil faîtes de passion.

    Et voilà, la folie arrive. La fin est insoutenable, littéralement. On a été piégé salement. Tout ça était avant tout un suspense ignoble, on est rongé, jamais meurtre en thriller ne fut plus intime. Jamais situation plus sur le fil. Jamais acte plus immonde. Ce côté fait divers ou histoire vraie acabradabrante de Hitchock, Woody Allen lui a trouvé un traitement nouveau de haute voltige. Il a rafraîchi ce que nous ne pouvions plus ressentir pour l’avoir trop vécu. Film d’une grande intensité dans les deux sens. ( passion/peur)

    Et puis la fin où tout risque d’éclater, j’vous raconte pas. La scène au commisariat. Bref, bravo.

    Et bravo pour ce site que je découvre.

Allez, lâche ta fine remarque