Phénomènes (2008)
divulgué le 30 juin 2008 par Kinopoivre
Titre d’origine : The happening (ce que l’anglophone averti que tu es certainement, lecteur polyglotte, traduira par « L’événement »). Une série B, malgré la présence de deux vedettes, Mark Wahlberg et John Leguizamo, le second disparaissant assez vite, dommage. Le film est dû à Manoj Shyamalan, connu pour ses scénarios incohérents, mais qui a fait un effort, puisque son histoire, cette fois-ci, tient à peu près la route.
Cet événement est un « avertissement » donné aux hommes par la Nature, lasse d’être malmenée par l’espèce humaine. Évidemment, il faut avaler le postulat, mais pourquoi pas ? Cela dit, l’hypothèse est peu évidente au départ, et l’homme de la rue, aux États-Unis, pense immédiatement que des terroristes sont impliqués – explication aussi vraisemblable que si on nous annonçait, à nous frenchies, que Ben Laden a brûlé Jeanne d’Arc. Donc cela commence à New York, un mardi à 8 heures 33, pour se terminer – provisoirement – le lendemain à 9 heures 27 : en plein Central Park, voilà que des gens s’immobilisent et qu’on entend des cris. Un flashmob d’un nouveau genre ? Ce serait un peu poussé, puisque des passants se suicident les uns après les autres. Tout au long du récit, on aura ainsi quelques suicides assez pittoresques et spectaculaires, comme celui de ce type qui, au zoo de Philadelphie, se fait volontairement déchiqueter par des lions, méthode qui n’est pas à la portée de tout le monde, conviens-en. On n’a pas toujours des lions sous la main.
Le gentil du film, c’est Elliott Moore (Mark Wahlberg), un prof de sciences, qui va se retrouver à la tête d’un petit groupe de fuyards, lequel finit par se réduire à sa femme Alma et à sa nièce Jess, tous les autres s’étant précipités dans un monde meilleur au fil du récit. Et comme cet Elliot est un gars vachement intelligent et qui a l’esprit scientifique, il comprend assez vite que l’instinct suicidaire est provoqué par des toxines que sécrètent les végétaux et qui sont propagées par le vent ; en foi de quoi, la meilleure défense consistant à s’enfermer dans une maison et à garder les fenêtres fermées, on a un long « tunnel » peu avant la fin du film, dans une maison que possède une vieille cinglée misanthrope, qui n’a entendu parler de rien de tout ça, et qui se suicidera comme tout le monde, parce qu’elle a mis le nez dehors – erreur fatale.
La véritable fin du film, après que tout est rentré dans l’ordre aux États-Unis et que la télévision a comme d’habitude tout expliqué, a lieu… à Paris, au jardin du Luxembourg, où voilà que tout recommence comme à New York. Il fallait bien que ces salauds de Français morflent aussi un peu. Mais ça, ce n’est pas Allociné qui te le dira, ils sont trop diplomates.
Choisis ton arme et flingue la fin du film


30 juin 2008 à 14:22
Le jardin parisien à la fin, il me semble bien que c’est celui des Tuileries…
Pour le reste, rien à redire.
30 juin 2008 à 15:11
Petite rectification : la scène finale à Paris est tournée dans les Jardins des Tuileries et non au Luxembourg…
Petite question à ce propos.
Il m’a semblé que le son et l’image n’étaient pas étalonnés de la même manière que dans le reste du film durant la séquence parisienne … Auraient-ils songé à faire des fins différentes selon le pays de diffusion ?
Seconde question: Shyamalan tout comme Hitchcock aimait à la faire , apparaît normalement dans tous ses films …
Je ne l’ai pas repéré cette fois-ci …
30 juin 2008 à 19:33
Pour le jardin, c’est possible, je tâcherai de vérifier. J’étais si surpris de voir Cyrille Thouvenin débarquer dans cette galère que je n’ai pas trop fait attention aux arrières-plans.
Pour l’apparition de Shyamalan, elle est effective, puisque, selon Internet Movie Database, il joue le rôle de Joey. Cela dit, je ne l’ai pas repéré moi non plus.
Enfin, faire des fins différentes selon le pays, je ne pense pas, ce serait dépenser de l’argent pour pas grand-chose. Là encore, je vérifierai. L’image est en effet différente. Pas les mêmes techniciens ?
8 juillet 2008 à 17:16
Vérification faite grâce à l’intercession de mon ami eMule… pardon, “Émile”, la scène finale a bien lieu aux Tuileries. C’est juré, j’arrête de boire.
9 juillet 2008 à 9:33
c’est un bon film même si j’avais l’impression parfois de me retrouver devant un (bon) Téléfilm.
Le personnage de la vieille femme dans sa maison isolée me fait étrangement penser au personnage de Tim Robbins dans “La Guerre des Monde” de Steven Spielberg.
Un taré dans un monde en fin de règne qui lance la question : n’est ce pas finalement l’être humain qui est le plus destructeur ?
sinon il me semble que ce film est tiré d’une histoire vraie :
en effet à chaque fois que je vais à la campagne, la nature essaie de m’étouffer … heureusement je m’en tire avec un simple rhume des foins, comme quoi l’homme est toujours le plus fort.
Et toc
Très bon site, bravo !
9 juillet 2008 à 10:36
Notation judicieuse sur le personnage d’ermite, la femme dans la maison isolée. D’accord aussi pour la question existentielle “N’est-ce pas finalement l’être humain qui est le plus destructeur ?”, je dirais même que c’est évident.
Mais “un bon film”… On peut d’autant plus faire des réserves, que l’ensemble des critiques ont déclaré ceci : qu’on assistait moins à une fin du monde qu’à la fin de la carrière du réalisateur !
Sans être aussi vache, je dirais plutôt que Shyamalan n’a jamais su construire un scénario cohérent, et que celui-ci est peut-être un peu moins mauvais que les précédents – le record de bêtise étant toujours détenu par “Signes” et par “Le village”.
9 juillet 2008 à 21:13
Aïe ! je ne peux pas te laisser dire ça (même si les gouts, les couleurs et le caleçon du voisin…)
Perso j’ai adoré Signs (tout comme Incassable qui fut particulierement décrié)
Le village etait trop lent et hyper prévisible, c’est celui que j’aime le moins…
j’ai encore du mal à comprendre pourquoi Shyamalan est tombé aussi bas dans les critiques,
il fait un boulot de titan sur ses productions, écrit, produit, realise, (joue) … je reste quand meme admiratif du boulot effectué meme si le “twist” final qui fut sa marque de fabrique est désomrais un effet usé jusqu’à la corde.
10 juillet 2008 à 7:37
Même si on “ne peut pas” me laisser dire ceci ou cela, je le dis, parce que la critique est libre (et relève de la défense du consommateur…), surtout si elle est argumentée ! Or j’ai argumenté, mais ailleurs. Pour “Signes”, ici :
http://www.kinopoivre.eu/fin2002.php#signes
Pour “Incassable”, là :
http://www.kinopoivre.eu/fin2000.php#incassable
Et enfin, pour “Le village”, à cet endroit :
http://www.kinopoivre.eu/second-sem-2004.php#thevillage
Que Shyamalan fasse ou non “un boulot de titan” pour monter ses films n’a aucune importance : d’un élève peu doué, on a coutume de dire qu’il “fait des efforts, mais…”. Ce qui en a, de l’importance, c’est le fait qu’il n’est pas doué pour démêler le bon du ridicule.
10 juillet 2008 à 11:21
la critique est libre effectivement et loin de moi l’attaque d’un quelconque consommateur.
Mon propos n’était pas autoritaire même si tu l’as saisi ainsi… sorry
Le ciné c’est magique, je ne suis d’accord avec toi en rien sur tes critiques si ce n’est “le beau Bruce jouait un mort, ce qui convenait parfaitement, d’ailleurs, à son prodigieux talent.”
mais cela ne m’empeche pas d’apprecier le travail effectué ici et de respecter les avis…
comme le dit le gouverneur de Californie : I’ll be back
10 juillet 2008 à 11:42
“Mon propos n’était pas autoritaire même si tu l’as saisi ainsi… sorry” : je n’ai rien saisi de tel, et ne me sens pas attaqué. Je réponds de manière posée, avec des arguments. Il n’y a aucun sentiment dans ce que j’écris. Des faits, rien que des faits.
“Je ne suis d’accord avec toi en rien sur tes critiques” : aucune importance, je ne cherche pas à être approuvé. J’ai exposé mes raisons, pour le reste, chacun pense comme il veut, ça n’empêche pas la Terre de tourner.
22 juillet 2008 à 6:57
Je crois que Shyamalan apparaît en tant que voyageur du train dans lequel tout le monde fuit.
22 juillet 2008 à 10:27
Possible. Le générique le crédite du rôle de “Joey”, mais qui diable est Joey ? À la vingt et unième minute du film, assis dans le train en arrière-plan, on voit un figurant, de profil, qui lui ressemble un peu et ne dit pas un mot. C’est insuffisant pour en être certain.
De toute façon, apparaître dans ses propres films ne fait pas du réalisateur un nouvel Hitchcock ! Il en est loin…
Salut à Saint-Maur-des-Fossés !
22 juillet 2008 à 22:11
Joey est le personnage qui harcèle Zooey Deschanel au téléphone. Pour ce film, M. Night Shyamalan ne s’est donc pas trop foulé et a joué le rôle… d’une voix.
23 juillet 2008 à 7:11
“Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.”
8 août 2008 à 23:08
Pas vu, mais d’après tout ce que j’en lis, ce film a l’air outrement pompé sur La Ceinture Empoisonnée, de Conan Doyle.
9 août 2008 à 16:14
Très partiellement, car la comparaison ne porte que sur une seule séquence. L’atmosphère n’est pas du tout la même que dans ce livre pour les jeunes. “Phénomènes” est une histoire à prétentions métaphysiques, parsemée de scènes d’horreur.
19 novembre 2009 à 1:07
Et comme plussoierait quelqu’un de plus avisé que moi, “le vrai phénomène de ce film est qu’il ait fait tant d’entrées !”