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Ma mère (2004)

divulgué le 8 janvier 2008 par Kinopoivre

Ma mère sur La Fin du Film

Il n’est pas interdit de se détendre un peu. Je vais donc, lecteur passionné d’art cinématographique, te dire tout sur Ma mère. Et pour te mettre l’eau à la bouche, précisons tout de suite que ce chef-d’œuvre est co-produit par Bernard-Henry Lévy. Une référence, donc.

Le cinéaste Christophe Honoré fait aussi profession d’écrire des bouquins pour enfants. Il a probablement voulu changer un peu d’activité, en adaptant Georges Bataille, un auteur dit « sulfureux », c’est-à-dire qui parle de cul. De sorte que, s’agissant de cette intéressante partie de notre anatomie à tous, un nom vient immédiatement à l’esprit : Louis Garrel ! Fils du réalisateur Philippe Garrel, petit-fils du comédien Maurice Garrel – népotisme pas mort –, il avait eu l’avantage de paraître dans un film de Bernardo Bertolucci, Dreamers (alias Les innocents, sur Mai-68), dans lequel, entre autres épisodes stimulants, il se masturbait sur une photo de Marlene Dietrich, avant que sa sœur étale le sperme sur le visage de l’illustre femme fatale, qui jamais ne songea, parions-le, à ce maquillage d’un genre inédit (enfin, moi, je n’en sais rien, hein ? Je ne maquille que mes comptes bancaires). Une scène d’une aussi grande classe ne pouvait qu’inspirer les émules de l’audacieux Bertolucci. Par conséquent, dans Ma mère, Louis Garrel va retourner au charbon, et pas qu’une fois. Il faut dire qu’outre son côté pile, auquel on ne rendra jamais suffisamment hommage, il possède un autre atout : alors que Christophe Lambert n’a que deux expressions, froncer les sourcils ou sourire bêtement, que Jean Reno est aussi bien pourvu, AVEC ou SANS lunettes, Louis Garrel n’en a qu’une, mais qui n’appartient qu’à lui : il fait la gueule. Dans Ma mère, il joue donc le rôle d’un garçon de 17 ans – perpétuellement maussade puisque l’interprète ne connaît que cette mimique –, à la fois mystique et travaillé par le sexe, ce qui tombe bien, comme tu le comprendras sous peu, puisque sa mère est présentée comme « la plus grande salope du bassin méditerranéen » (sic). Dans la mesure où cette mère est interprétée par Isabelle Huppert, dont le physique colle impeccablement à cette définition, tu pressens tout de suite, lecteur avisé, que ça va être crédible. Mais il paraît que Marthe Villalonga n’était pas libre. Cette mère décide de dégourdir un peu son rejeton, vu qu’elle ne s’en est guère occupée jusque là (être une grande salope, même en se restreignant au seul bassin méditerranéen, c’est une occupation à plein temps). Désormais, elle va le pousser à multiplier les expériences sexuelles, de préférence en sa présence à elle. Cette éducation sentimentale d’un nouveau genre se passe de manière optimale, et son axe s’articule autour de deux pôles, pour parler ainsi que les gens qui ont du style : masturbation et passage par la porte étroite, comme aurait dit Gide. Deux échantillons : le fils pénètre une fille sur un lit, tout en caressant sa mère couchée à côté d’eux. Jusqu’ici, tout est normal. Autre scène : dans un taxi, une fille évoque une pratique ayant fait à juste titre la renommée de la ville de Sodome, et le garçon, jeune présomptueux, prétend être parfaitement propre à un endroit fort intéressant de son individu et concerné par la chose. Toujours en présence de la maman, la fille lui enfonce alors un doigt là où tu penses, puis, sarcastique, le lui fait renifler, commentant qu’il a trop présumé de son hygiène intime. Le garçon, illico, lèche le doigt. Bien entendu, tout au long du film, il se masturbe énormément, c’est le minimum syndical, et se fait une fois masturber par sa mère. Bertolucci avait également filmé une scène de ce genre, dans Luna, mais avec un garçon de quatorze ans seulement, ce qui faisait de lui un meilleur artiste que Christophe Honoré. On fouette et on torture un peu, aussi, pour varier les plaisirs, et on se balade beaucoup à poil, mais c’est du tout-venant, ça ne mange pas de pain.

La fin du film est excellente, je te la recommande chaudement : la mère meurt d’un accident, et son corps est exposé à la morgue – dans un cercueil de verre, comme c’est la coutume dans toutes les morgues. Le fils va voir le corps de sa chère maman, et là, ému par l’ambiance, que crois-tu qu’il fait ? Gagné ! Mais surgit un infirmier, qui, sans doute adversaire du travail manuel, l’expulse à coups de lattes dans le train. Fin.

Voilà. En attendant de te précipiter sur le DVD, histoire de profiter aussi des bonus, tu peux aller compléter ta documentation sur Allociné.

Choisis ton arme et flingue la fin du film

5 réactions à “Ma mère (2004)”

  1. Tyn pense que:

    Kinopoivre, je ne sais pas qui tu es, mais voilà : je t’aime. Et je veux t’épouser. une description d’un film aussi hi-la-rante que celle-là ne peut provenir que d’une âme bonne. Merci à toi. Homme, femme, qu’importe, je veux que tu illumines ma vie tous les jours comme tu viens de le faire durant les 5 dernières minutes.

  2. phy pense que:

    [Modéré] Comme dit JMF, il a tout pour énerver, jeune, beau, intelligent, talentueux… Ma Mère, je l’ai vu, sur le coup j’ai trouvé choquant qu’on fasse faire des choses pareilles à ce garçon qui avait tellement l’air d’un ange, et puis non, c’est un beau film. Et d’ailleurs les anges n’ont pas de sexe, lui, si.
    [Modéré] Une rectification quand même, l’agent de la morgue ne le chasse pas à coups de latte dans le train, [Modéré] il se contente de le retenir. [Modéré]

  3. phy pense que:

    C’est rigolo, tes “modérations”.

  4. Julien pense que:

    Oui, j’aime bien modérer les propos inutilement insultants.

  5. phy pense que:

    Drôle de conception de l’”insulte”. Et de la promesse “on le dira à personne”.

Allez, lâche ta fine remarque