Bellamy (2009)

divulgué le 26 février 2009 par Kinopoivre

Bellamy sur la-fin-du-film.com

Noël Gentil (Jacques Gamblin), qui s’appelle en fait Émile Leullet – et c’est par le plus grand des hasards chabroliens que ce patronyme sonne comme celui de l’ancien patron de TF1 –, tient absolument à se confesser au commissaire Paul Bellamy (Gérard Depardieu), et ne me demande pas pourquoi, lecteur trop curieux qui n’a pas encore compris que Chabrol se fiche de ses scénarios à peu près autant que des journalistes qui l’interviewent. Leullet, en effet, a tué un clochard, qui lui ressemblait un peu, et depuis, il se cache dans un motel. Pourquoi ?

En fait, Leullet, cadre depuis vingt ans aux assurances Axa, s’est mis dans de sales draps en escroquant sa boîte, afin de payer le crédit de sa maison, où vit sa femme (Marie Matheron), et de partir sous d’autres cieux avec sa maîtresse Nadia Sancho (Vahina Giocante). Il n’a plus un sou et craint d’être découvert. Seule solution, faire croire à sa propre mort au moyen d’un cadavre de rechange dûment calciné dans une voiture accidentée. Classique. La seule originalité, c’est qu’il a appâté la victime, recrutée par Nadia (et ne me demande pas non plus ce que Sancho pensa de la combine), en lui promettant de l’emmener au Cimetière marin de Sète, où est enterré Georges Brassens ! Le clochard est donc mort à deux pas de la tombe de son idole, ce veinard. Or ce clochard, très malade, était en outre suicidaire, histoire de simplifier la situation. Et Leullet craint les suites, ce qui doit être une excellente raison pour tout raconter à un commissaire de police, dans l’univers chabrolien.

Ce n’est pas le seul souci de Bellamy, dont les vacances à Nîmes dans la maison d’enfance de sa femme Françoise (Marie Bunel) sont ainsi un peu perturbées, mais il adore s’occuper des autres : il y a aussi en visite son demi-frère Jacques Lebas (Clovis Cornillac), qui envie sa chance, ne fait rien de bon, vit d’expédients, boit son vin, lui emprunte voiture et argent, est désagréable avec ses amis auxquels il vole deux mille euros, et en supplément lui piquerait bien sa femme. Pourquoi tant de haine ? Parce que sans cela, il n’y aurait pas de film, risqueras-tu en guise d’explication, et tu auras tort, voir plus loin.

Finalement, Leullet se constitue prisonnier, il doit donc passer aux assises. Le temps pour toi, spectateur perplexe, de t’étonner que la justice soit si rapide à Nîmes puisque le mois de vacances du commissaire n’est même pas terminé, et tu feras connaissance avec l’avocat de l’accusé (Rodolphe Pauly), qui vient tout juste de décrocher son diplôme, plaide pour la première fois, débute aux assises comme c’est tout à fait normal (on confie toujours la défense des assassins à des débutants), et remplace sa plaidoirie par… une chanson de Brassens, si-si ! Moyennant quoi, le jury, charmé, acquitte ledit assassin, ainsi que l’aurait fait n’importe quel jury.

Après cela, on apprend que le demi-frère du commissaire est mort d’un accident de voiture, et que, s’il en voulait autant à Bellamy, c’est parce que celui-ci, au temps de leur jeunesse, avait tenté de l’étrangler, mais avait été interrompu par leur grand-père. Et depuis, Bellamy a « trouvé une sorte de dignité en se méprisant lui-même » (sic). Hélas, le côté burlesque de cette histoire a échappé aux critiques d’allocine.fr.

Choisis ton arme et flingue la fin du film

6 réactions à “Bellamy (2009)”

  1. FredMJG pense que:

    Euh… Chabrol aurait-il bu la production du Depardieu ? Est-ce qu’au moins c’est aussi drôle que ça en a l’air ?

  2. Kinopoivre pense que:

    Hélas non, pas du tout. Ça se prend terriblement au sérieux. J’ai trouvé ce film assez ridicule.

  3. FredMJG pense que:

    aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh ! zut…

  4. Kinopoivre pense que:

    Le film est à voir, un peu pour Vahina Giocante, beaucoup pour Marie Bunel, passionnément pour Gérard Depardieu et pas du tout pour Jacques Gamblin et pour la scénariste Odile Barski. Elle avait fait les scénarios de la plupart des films de Chabrol depuis Violette Nozière, et d’un tas de téléfilms depuis 1978. La fille du R.E.R., de Téchiné, qui sortira bientôt, c’est d’elle aussi.

  5. FredMJG pense que:

    Et aussi (et surtout) pour la petite Adrienne ! A confirmer sur http://fredmjgblogueandbulle.blogspot.com/2009/03/bel-ennui-bellamy.html
    Ciao ! A te lire très bientôt…

  6. Kinopoivre pense que:

    Chabrol, pour moi, n’a fait que TROIS bons films : La femme infidèle, Que la bête meure et Le boucher. Et peut-être aussi ce film très étrange où tous les interprètes étaient à contre-emploi, La rupture. Annie Cordy et Jean Carmet avaient des rôles tragiques, Mario David était un poète très fin (pour mémoire, il jouait le masseur dans Oscar), Stéphane Audran était une bonniche mariée avec un fils de famille cinglé, Jean-Pierre Cassel était un minable maître-chanteur fauché aux chemises élimées, Jean-Claude Drouot était un drogué à moitié aliéné, et Michel Bouquet, affublé d’une perruque blonde, jouait une ordure.

    Mais tout ça remontre à très loin dans le passé. Depuis, il vit sur son capital de meilleur technicien de France.

    Gégé est très bien, mais il ressemble de plus en plus à Mr Creosote (Terry Jones), le type qui vomit, dans Le sens de la vie, des Monty Python. À présent, il ne tient plus dans les anciens écrans de télé, il lui faut le 16/9 !

Allez, lâche ta fine remarque