The wrestler (2009)

divulgué le 2 mars 2009 par Kinopoivre

The wrestler sur la-fin-du-film.com

Oyez, oyez, gentes dames et nobles seigneurs, vous allez assister à une (de plus) rédemption par le sport, genre cinématographique fort prisé à Hollywood, où rien de ce qui est humain n’est laissé de côté. Et ne m’objecte pas, lecteur puriste, que ce film n’est PAS produit par les majors companies d’Hollywood et n’a pas été tourné là-bas, mais… à Bayonne (pas de panique, les Basques y sont rares, c’est dans le New Jersey). À ma droite, l’individu à régénérer, Randy Robinson, dit « The Ram », donc « le Bélier » (Mickey Rourke). À ma gauche, l’individu régénérateur, le réalisateur Darren Aronofsky, qui s’inspire de la vie de son interprète. L’un et l’autre de fâcheuse réputation, mais on n’est pas ici pour dénoncer.

Randy est donc un catcheur, et, quoique ses cheveux soient plutôt filasses, il frise, lui, la cinquantaine. Il n’entend plus très bien, son corps est plus couturé qu’un épouvantail, et, à force de se bourrer de produits aussi recommandables que les antidouleurs et les anabolisants, il finit par avoir une crise cardiaque. Il faut dire que le prétendu sport qu’il pratique n’est pas tout à fait aussi sain que le badminton ou la brasse papillon, c’est plutôt un spectacle ultra-violent, où le but principal est de faire (et se faire) le plus mal possible, devant un public composé à soixante pour cent de sadiques chauffés à blanc, et à quarante pour cent d’esprits forts qui prennent la chose au second degré – voir la corrida pratiquée entre autres à Bayonne, justement, mais en France cette fois.

Bref, Randy doit décrocher. Il prend un travail de serveur dans un supermarché, et s’efforce de renouer avec sa fille Stephanie (Evan Rachel Wood), qu’il avait abandonnée comme dans tous les films, et si tu as réussi à dénicher une pellicule où un père de famille en crise n’a pas abandonné ses enfants, téléphone-moi en urgence, je suis collectionneur, il n’y a pas que Pierre Bergé, zut alors. Il essaie aussi d’établir une relation avec Cassidy, non pas le célèbre cowboy prénommé Hopalong, mais une brave fille qui se prostitue un peu dans un bar (Marisa Tomei), mais tu sais ce que c’est quand on est bourru et ravagé par la vie, on ne sait pas y faire…

Mais un jour, un fan de catch et client du supermarché le reconnaît comme le célèbre Bélier, et Randy a honte. D’autant plus qu’il vient juste de se faire jeter par sa fille, parce qu’il a raté un rendez-vous avec elle dans un restaurant pour cause de cuite dans un bar (il y a beaucoup de bars, dans ce film). Si bien que, histoire de ne pas te faire attendre plus longtemps ce que tu attends depuis le début, Randy remonte sur le ring pour y affronter l’Ayatollah, un catcheur affublé d’emblèmes et porteur d’un drapeau d’un pseudo-pays arabe, et qu’il va certainement vaincre en l’écrasant, dès qu’il aura terminé le saut sur lequel l’image se fige à la fin, alors que le spectateur, pas figé du tout, gagne en hâte la sortie en rouscaillant contre toutes ces étoiles attribuées au film par allocine.fr.

Choisis ton arme et flingue la fin du film

10 réactions à “The wrestler (2009)”

  1. Fred pense que:

    Comment ça en rouscaillant ?
    Mickey est grand et Aronofsky va pouvoir à nouveau trouver du blé !

  2. Kinopoivre pense que:

    On était quatre dans la salle, en plein boulevard Saint-Germain, et je n’ai pas entendu de cris d’enthousiasme. Pendant les scènes sentimentales, j’ai dormi.

  3. FredMJG pense que:

    Y a des scènes sentimentales ?!? Boundiou avons-nous vu le même film ???? J’ai surtout vu Frankenstein essayant de rameuter fifille ou de se taper une strip pas trop d’accord…

  4. Kinopoivre pense que:

    Ben justement, les scènes avec sa fille sont de cet ordre. Il la supplie presque, elle accepte de le revoir, puis il fait une gaffe, elle le vire définitivement (?), et il sombre. Tout ça, c’est bien de l’ordre du sentiment. Du déjà vu, justement, parce que les sentiments traînent partout, dans le cinéma.

  5. bozadonis pense que:

    “et qu’il va certainement vaincre en l’écrasant, dès qu’il aura terminé le saut sur lequel l’image se fige à la fin,”
    Le saut final, ce serait pas celui de l’ange ? J’ai comme qui dirait la facheuse impression que le Randy trépasse implicitement à la dite fin…

  6. Kinopoivre pense que:

    Ce plan symbolique veut tout dire, y compris la mort du héros. Ce que les critiques professionnels appellent « une fin ouverte ».

  7. bozadonis pense que:

    Au-delà d’une fin à géométrie variable selon la sensibilité de chacun, les images et dialogues qui précèdent le saut suggèrent néanmoins fortement que son coeur vaillant mais meutri dans tous les sens du terme ne résistera pas à ce “chant du cygne”…

  8. fabs pense que:

    mouais… pas mon trip, ce genre de film…

  9. Alexis pense que:

    Moi j’ai beaucoup aimé, étant ancien sportif, contraint d’arreter toutes pratiques sportives violente(mon domaine: rugby) à cause d’un tassement aux niveaux des cervicales,j’arrive à comprendre l’envie du retour et la rage et l’enviede prouver qu’il n’est pas fini de cette star vieillissante.Même si celà est sûrement surfait dans ce genre de films à vos yeux, et je suis pas loin d’être d’accord avec vous, quand on fais ce genre de sport c’est qu’à la base on a une certaine “âme de guerrier” ( je sais, certain pseudo intellos vont trouver le mot fort) et bref voir les autres continuer en vous laissant sur le bord du chemin, ca peu dans certain cas ou les personnes sont fragiles psychologiquement vous pousser à prendre et faire n’importe quoi…Je trouve pas pour ce film là que c’etait un énième film encensé pour rien comme à pu l’être Pearl Harbor par exemple. J’ai trouvé Mickey Rourke (que je n’avais jamais vu jouer) tres touchant, malgré ses bêtises.Et malheureusement pour l’image de fin j’ai cette sensation que c’est son dernier saut. Sur ceux bonne nuit ou journée

  10. Marc pense que:

    Bonjour,

    En ce qui concerne la chute du film, je suis plutôt d’accord avec ce qu’affirme bozadonis, c’est-à-dire qu’en regardant les images précédentes lors du combat (en rapport avec son coeur), on devine que suite à la mésaventure avec sa fille puis avec la nana du club, il est clair que d’une part psychologiquement, ce type est vraisemblablement touché mais aussi physiquement il n’y a pas de doute, c’est la fin pour lui. Pour appuyer le jugement d’Alexis ci-dessus, je suis de son avis et suis de même sportif, notamment rugbyman et free fighter, alors je comprend que physiquement au bout d’un certain temps, malheureusement, on rouille, on s’arrête. Je voudrais souligner (en apportant un peu de lumière au scénario) que selon moi déjà si on ne baigne pas dans ce genre de sports dès le plus jeune âge, c’est que psychologiquement, on subi un lourd passé (et j’en connais un rayon). Maintenant, je sais que de devoir totalement s’arrêter du jour au lendemain en se disant que c’est fini de pouvoir de défouler sur la pelouse ou en cage, et bien oui c’est dur.. on a tendance à se sentir seul, énervé et en même temps impuissant.. tout cela pour en revenir au film en y apportant mon jugement, c’est que je comprend la star nommé “Bélier” en sachant qu’il ait envie de revenir sur le ring car il n’y a véritablement que là où il se sent “vivre”, mais aussi que tout cela est à la base provoqué par deux uniques raisons (sans imaginer le reste de sa vie), déjà le rejet catégorique de sa propre fille mais aussi de la femme avec qui il éprouvait bien plus qu’une simple lapdance, et quand il dit je cite “il n’y a que dehors où je m’en prend plein la gueule”.. le raisonnement se justifie.. sa sensibilité l’a visiblement amené à regagner ses fans.. sur ce bonne lecture ! Adios

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